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27 février 2006 1 27 /02 /février /2006 12:51
05.jpgDepuis près de trente ans, Pascal Maitre parcourt le monde, son Leica à la main, pour raconter les histoires de ces peuples oubliés, qui, en Afrique où ailleurs, se battent chaque jour pour survivre. Et peut-être pour se sentir, lui aussi, plus vivant.

« Je n’ai pas toujours l’impression de travailler », avoue Pascal Maitre. Pourtant, son job n’est pas tous les jours une partie de plaisir. Se déplacer dans des pays en guerre, escorté par des hommes armés jusqu’aux dents ; éviter les embuscades et les risques de prise d’otages ; assister à des scènes parfois monstrueuses… Pour quelques clichés.

Ce berrichon de 51 ans, à qui l’on doit ce regard profond et mystérieux de femme touareg devenu une référence en matière de photo reportage, est un homme modeste. Sur l’écran où il présente le résultat de son travail à Mogadiscio (Somalie), les images défilent vite. Pas le temps de s’appesantir et de disserter sur son œuvre. Ce qui intéresse Pascal Maitre, c’est de raconter ses « histoires ». Des histoires qui font frissonner, tant elles parlent d’un monde dur, violent et beau à la fois. L’Afrique, l’Asie Centrale lui sont plus familières qu’Issy les Moulineau, où il s’arrête parfois, avant de repartir à la chasse aux images à l’autre bout du globe.

Depuis toujours, Pascal Maitre voyage. De l’Inde, lorsqu’il avait dix huit ans, à l’Afghanistan le mois dernier, il n’a jamais cessé de partir. Et de revenir parce qu’il le faut. Mais de repartir, toujours. Si on lui demande s’il n’a pas envie, parfois, de s’arrêter, de reprendre son souffle, il répond qu’il ne sait faire que cela, et qu’il n’aime rien d’autre.

Intarissable sur certaines de ses expériences, il reste muet, l’air gêné et timide sur d’autres parties de sa vie. On évoque son voyage en Israël ? Il change brusquement de sujet. Le pendentif en forme de spiral qu’il porte autour du cou, sous sa chemise entrouverte de baroudeur ? Il ne sait pas d’où elle vient. Il le trouve juste joli... On a du mal à le croire, mais on n’insiste pas. Pascal Maitre a un jardin secret, et on ne peut que le respecter, car ce qu’il donne à voir à travers ses photographies en dit bien plus long sur l’homme et son « monde » que n’importe quelle parole.

Ce calme et cette façon douce et tranquille de parler des pires atrocités, le reporter d’image les doit sans doute à une leçon qu’il a apprise au cours de ses innombrables voyages : « la vie est plus forte que tout ». Il en a vu, des hommes mutilés, des femmes désespérées et des enfants miséreux. Mais plutôt que de pleurer sur la cruauté du monde, Pascal Maitre préfère raconter le sourire et les rires de ses hommes et de ses femmes qui ont croisé l’œil de son objectif. Photographier les sourires plutôt que les pleurs, c’est sa leçon d’humanité.

 

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Published by Caroline Langlois - dans Vie du blog
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commentaires

Karine 28/01/2007 20:58

effectivement, rien à dire...