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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 13:51

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Salut à tous ! 

je fais un break sur les histoires de grossesse pour vous parler d'une initiative que je trouve essentielle. Il s'agit de la création du collectif "Prenons la Une", lancé par une vingtaine de journalistes femmes et dont le texte fondateur a été publié hier dans Libération.  


L'objectif de ce collectif, que je vous invite à rejoindre, est de dénoncer les discriminations faites aux femmes dans les médias (représentativité, salaires, accès aux postes à responsabilités, etc). Pour plus d'infos, je vous invite à consulter le tumblr du collectif

Si vous êtes vous-même journaliste, homme ou femme, et que vous avez vécu/été témoin d'une  situation de discrimination, vous pouvez écrire ici pour envoyer votre témoignage, qui sera publié sur le tumblr : 
prenonslaune@gmail.com.

En rédigeant moi-même quelques anecdotes, je me suis rendue compte que j'avais vécu bien plus souvent que je ne l'imaginais ce type de situation. Je vous avais d'ailleurs raconté une de ces malheureuses expériences ici, au début de ma grossesse. Mon texte avait alors été publié sur le site Cheek Magazine

Voilà ce que j'ai envoyé au collectif. Je suis sûre que j'en oublie...

1/ Pendant longtemps, le directeur des programmes de la radio publique pour laquelle je travaillais comme pigiste était connu par tous pour être ouvertement misogyne. Au moment de choisir entre deux pigistes pour l’attribution d’un CDD, les journalistes masculins étaient systématiquement favorisés. Tout  le monde à la radio le savait. Personne - et surtout aucun des syndicats pourtant très actifs au sein de cette rédaction - n’a jamais dénoncé cela. (Par ailleurs, je pourrais raconter la même anecdote concernant mon responsable pédagogique à l’école de journalisme). 

2/Lorsque j’étais encore étudiante en école de journalisme, un journaliste d’une très grande chaîne de télévision française vient un jour intervenir dans le cadre d’une semaine de formation sur le reportage télé. Nous avons un différent sur le choix d’un sujet, je lui tiens tête, et quelques semaines plus tard au moment de découvrir son commentaire sur mon bulletin trimestriel, je découvre effarée, ces mots « Caroline manque d’intelligence. Il ne suffit de savoir se servir de ses charmes et de lire ELLE chaque semaine pour devenir journaliste ». 

3/ Lors d’un entretien d’embauche pour un poste en CDI pour un grand groupe de radio, j’ai dû répondre à cette question, pourtant interdite : « Avez vous l’intention de faire des enfants dans les années à venir ?» Le rédacteur en chef qui m’a posé la question - pourtant très jeune - devant mon refus de répondre, a tenté de se justifier en m’assurant : « nous sommes très famille au sein de cette rédaction, mais j’ai besoin de savoir pour anticiper ». Je n’ai jamais eu le poste…

4/ Au début de ma grossesse, alors que je passais des entretiens d’embauche, j’avais décidé de jouer carte sur table et d’annoncer systématiquement ma grossesse dans un souci de transparence et d’honnêteté. Un directeur de rédaction, qui cherchait en urgence une rédactrice en chef adjointe en CDD et semblait très intéressé par mon profil, me propose le poste pour un salaire proche du SMIC. Devant mon air interloqué, il me lance, un oeil sur mon ventre : «  C’est une bonne proposition, vu votre situation actuelle. Vous devriez l’accepter, car personne d’autre ne vous fera travailler ». 

5/ Toute jeune journaliste, je commence comme présentatrice de flashs sur une grande radio publique. Un jour, le directeur de la rédaction, connu comme un harceleur sexuel en série, et de nombreuses fois condamné au cours de sa carrière, rentre dans mon bureau et commence à flirter ouvertement avec moi. Sans l’intervention d’une de mes collègues, je ne sais pas comment ce tête à tête aurait tourné. Cet homme n’a jamais été inquiété et  continue aujourd’hui encore, j'en suis sûre, de sévir auprès des plus jeunes recrues de la radio.  


Vous pouvez suivre le compte du collectif sur Twitter : @Prenonsla1 

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Published by Caroline Langlois - dans Billet d'humeur
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