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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 23:42

 

Le dernier roman de Véronique Ovaldé, publié aux Editions de l’Olivier, Ce que je sais de Vera Candida, et récompensé par le prix Renaudot des lycéens, à tout d’un conte moderne. Dans un pays imaginaire d’Amérique Latine, trois générations de femmes luttent contre la domination des hommes et élèvent seules leurs filles. Avec son joli minois et ses lèvres carmin, la jeune auteure semble elle-même tout droit sortie d’un conte. Son royaume ? Le 18e arrondissement de Paris…

 

Il était une fois une petite fille, née en banlieue parisienne dans un milieu modeste, et qui rêvait d’écrire des livres. À 6 ans, la petite Véronique a déjà fait la liste des romans qu’elle écrirait plus tard. « J’étais comme ces enfants qui sont habités par un imaginaire un peu encombrant. Écrire et dessiner, ça a été immédiat. » Adolescente, Véronique Ovaldé écrit des « textes » de 200 pages, qu’elle fait lire à ses professeurs. « C’était un apprentissage, car je viens d’un milieu où l’on n’écrit pas et où l’on ne lit pas. J’ai vraiment bénéficié des municipalités du 93 qui avaient de vraies politiques culturelles. » La jeune fille passe sa vie dans les bibliothèques, car des livres, à la maison, il n’y en a pas.

« Je n’avais personne pour  me dire ce qu’il fallait lire. Alors je lisais tout. De façon boulimique. » Tout y passe, de Stephen King, à Gabriel Garcia Marquez, jusqu’à Norman Mailer, Hemingway… Et puis la poésie, Baudelaire. « J’ai eu une espèce de choc. Je me suis dit, c’est pour moi, c’est à moi que cela s’adresse. » Même expérience transcendantale à la lecture du Bruit et de la Fureur, de William Faulkner. « Je ne comprenais pas, mais c’était du même ordre que la poésie. J’avais l’impression que c’était quelque chose qui me dépassait, de l’ordre de l’éblouissement et qu’il y avait une possibilité supplémentaire à mon imaginaire et au monde, à côté de moi, accessible. »

Entrer dans le château fort de l'édition

Le bac en poche, cette bonne élève semble toute destinée à faire de hautes études littéraires. Ses professeurs remplissent les dossiers pour son inscription en classe préparatoire littéraire hypokhâgne. Mais la jeune Ovaldé n’a qu’une idée en tête : « entrer dans le château fort de l’édition ». « Je me disais : je me ferais publier un jour. Mais je pensais que c’étais compliqué, étant donné le milieu d’où je venais. Je ne croyais pas du tout au fait d’envoyer ses textes par la poste. Donc j’ai pensé : il faut que je travaille dans l’édition. » Son père lui accorde deux ans d’études, pas plus. Elle s’inscrit alors en BTS édition. Tant pis pour l’hypokhâgne, et le prestige de l’Ecole Normale Supérieure.

Son BTS en poche, Véronique Ovaldé entre au Seuil, où elle restera douze ans, sans jamais cesser d’écrire dans ses petits cahiers. Son premier éditeur vit rue de Versigny. dans le 18
e. Il publie un conte illustré, Khambé. Mais c’est chez son propre employeur, le Seuil, que paraît son premier roman, Le Sommeil des poissons en 2000. Six romans plus tard, Véronique Ovaldé est devenue un écrivain à succès. Sa dernière publication, Ce que je sais de Vera Candida,vient de recevoir le prix Renaudot des lycéens.

C’est dans le 18e que la romancière vit aujourd’hui, dans le quartier de la Mairie, avec ses deux enfants, de 8 et 11 ans. Ce qu’elle aime par dessus, c’est le côté « Auberge Espagnol » qu’offre le 18e arrondissement. « Cela me rappelle ma banlieue. Là-bas, je connaissais tous les gens dans l’immeuble. Cela m’a manqué quand je suis arrivée à Paris, mais je retrouve cette ambiance de quartier ici, surtout grâce à mes enfants. » Elle y a maintenant ses repères, ses amis, ses habitudes.

Votre pause café ?

A la Timballe, rue de Versigny, et à la Piscine rue du Poteau. Il faut que ce soit à moins de 100 m de chez moi ! Et puis le Reinitas, bien sûr, pour la terrasse.

Vos courses ?

J’aime le marché de la rue Ordener. J’y ai mes habitudes, notamment chez la fromagère, Nelly. Le marché du boulevard Ornano est très bien aussi. Les produits sont excellents, et ce n’est vraiment pas cher.

Vos restaurants ?

J’aime bien « Chez Paula » (26 rue Letort) et « l’Assiette » (78 rue Labat). Ils sont très sympas, et ils font un hachis Parmentier de la mort ! Mes enfants aiment aussi le restaurant indien « Le Safari » (36 rue du Ruisseau).

Vos librairies?

L’humeur Vagabonde (44 rue du Poteau) et l’Attrape-Cœur (4 place Constantin Pecqueur). Et dès que je monte me balader sur la butte, je m’arrête toujours pour jeter un œil aux bandes dessinées chez BD Spirit, (10 rue Ramey).

 

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Published by Caroline Langlois - dans Culture
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