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  • : Journaliste presse écrite, web et radio. Je vois, je sens, j'écoute, je raconte, je divague.
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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 18:46
"Trump", de Arnaud Nebbache. Novembre 2016.

"Trump", de Arnaud Nebbache. Novembre 2016.

Il y a eu le 11 septembre 2011. J'ai pris un coup dans le bide.

Il y a eu le 22 avril 2002. J'ai pris un couteau dans le dos.

Il y a eu le 7 janvier 2015. J'ai eu les jambes coupées.

Il y a eu le 13 novembre 2015. J'ai eu le coeur brisé.

Depuis ça s'est accéléré. Les coups pleuvent. Et laissent des marques. Indélébiles.

Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'une grande partie de l'Amérique, ce pays que j'adore, dont la culture me fascine, m'a décoché une beigne. Je réalise que je vis dans une bulle, comme le disait très bien Caroline ce matin sur FB. "Ce que je ne vois pas n'existe pas. Non, ça ne peut pas nous arriver. On sait mieux. On est plus fort parce que plus instruits, plus éduqués... Non?" Et bien non. Nous draper dans notre bien-pensance arrogante ne nous protège pas des attentats comme celui d'aujourd'hui. Parce que tout politique - et démocratique ! - que fut le résultat, c'est bien un attentat.

Un attentat contre les valeurs humanistes, féministes auxquelles je crois si fort. Auxquelles tant d'Américains, je le sais, croient si fort.

Aujourd'hui, il y a eu le 9 novembre 2016. J'ai pris une grosse claque dans ma gueule.

Et le 7 mai 2017, on fait quoi pour empêcher l'attentat?

 

Published by Caroline Langlois
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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 13:45
Cet été je lis...

Cette année, je n'ai quasiment pas lu une ligne. Pas le temps. C'est mal, je sais. Mais cet été, je me rattrape. Je viens de terminer "La Vérité sur l'Affaire Harry Québert" et je vous en épargnerai la critique, tout le monde l'a lu ou presque, j'avais 5 trains de retard. Évidemment ça m'a plu, ça se lit hyper bien et hyper vite. Pas dit, en revanche, qu'il m'en reste grand-chose d'ici quelques mois...

- Comme je suis à Marseille, je me suis dit qu'il me fallait de la littérature marseillaise. Conseillé sur le site Marsactu (super site internet d'info sur l'actualité Marseillaise, je recommande...), le roman de Maylis de Kerangal "Corniche Kennedy". Il se trouve que mes fenêtres donnent sur ladite corniche, alors je n'ai pas hésité. J'ai eu du mal à trouver le livre en librairie (obligée d'aller à la FNAC, grrrrrrr) car il est étudié dans les lycées, et est donc en rupture dans la plupart des librairies du coin.

Je l'ai entamé hier, et autant vous dire que c'est la claque littéraire de l'année... Je n'en dis pas plus, le premier paragraphe parle pour lui-même...

"Ils se donnent rendez-vous au sortir du virage, après Malmousque, quand la corniche réapparaît au-dessus du littoral, voie rapide frayée entre terre et mer, lisière d’asphalte. Longue et mince, elle épouse la côte tout autant qu’elle contient la ville, en ceinture les excès, congestionnée aux heures de pointe, fluide la nuit – et lumineuse alors, son tracé fluorescent sinue dans les focales des satellites placés en orbite dans la statosphère. Elle joue comme un seuil magnétique à la marge du continent, zone de contact et non frontière, puisqu’on la sait poreuse, percée de passages et d’escaliers qui montent vers les vieux quartiers, ou descendent sur les rochers. La dévisageant, on pense à un front déployé que la vie affecte de tous côtés, une ligne de fuite, planétaire, sans extrémités : on y est toujours au milieu de quelque chose, en plein dedans. C’est là que ça se passe et c’est là que nous sommes."

A tout ceux (et ils sont nombreux) qui passent par Marseille cet été, je crois vraiment que c'est un incontournable.

 

- Cela fait (très) longtemps que je n'ai pas lu en anglais. Oh, le beau prétexte pour acheter l'ultime (?) tome de Harry Potter, sorti en librairie cette semaine (en octobre pour la trad française je crois). Il s'agit en fait d'une pièce de théâtre, qui sera jouée à Londres cet hiver, et qui met en scène Harry Potter 19 ans après la fin du tome 7. Je n'en sais pas plus, je n'ai rien voulu lire (difficile pourtant d'y échapper sur les réseaux sociaux ces derniers jours) pour me garder le plaisir de la découverte. NO SPOILER.

 

- Enfin, j'ai acheté le premier tome de ce qui est LA série du moment pour moi. J'ai "binge watché" les deux premières saisons de Outlander sur Netflix en moins de quelques semaines, et en attendant la troisième, j'ai envie de lire la saga dont est tirée la série. Pour ceux qui se demande pourquoi je me passionne soudainement pour une histoire qui se passe dans l'Ecosse du 18e siècle, je pose ici une petite photo du héros, le Highlander Jamie Fraser.

 

Voilà, ça se passe d'explication, non?

Jamie Fraser, ses boucles rousses, son kilt...

Jamie Fraser, ses boucles rousses, son kilt...

Published by Caroline Langlois - dans Culture
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4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 12:58
Adieu petit sac de cailloux

C'est demain. Demain, un chirurgien va faire ce que je n'arrive pas à réaliser seule : me débarrasser de mon petit sac de cailloux.

Il y a des cailloux nommés colère. Ceux-là sont les plus nombreux. Et les plus douloureux.

Il y a des cailloux nommés déception. Ceux-là sont les plus résistants.

Il y a des cailloux nommés tristesse. Ceux-là se sont déjà dissous d'eux-mêmes.

Il y a des cailloux nommés abandon. Ceux-là sont les plus vieux.

Demain, il y aura un espace vacant dans mon ventre, juste sous mon sein droit. Un petit espace de vide. Un petit espace de rien du tout. Cela fait drôle de se dire qu'on va avoir un peu de rien du tout dans le ventre. Vais-je être plus légère ? Comment me sentirais-je sans ce son si familier des petits cailloux qui s'entrechoquent ? Serais-je capable de ne pas les remplacer par d'autres cailloux, comme ça, juste par habitude ?

Les petits cailloux, on les ramassent tout au long de sa vie. Et plus on avance, plus ils sont lourds, plus ils sont aiguisés, plus ils blessent. Moi j'ai du mal à faire comme le petit Poucet, à les semer au fur et à mesure. Je les collectionne. Je les fais rouler entre mes doigts. Je les égrène. Ils sont blessants, mais au moins, je n'ai pas les mains vides. Là, sous mon sein droit, ils pèsent dix tonnes, mais ils me remplissent de quelque chose.

Sauf que ça y est, je dois m'en séparer. C'est bien, il paraît. On vit très bien sans, me dit-on. Sans doute, mais moi j'ai vécu avec toute ma vie. Va falloir que je m'habitue.

A la place, je voudrais planter une petite graine. Une petite graine de coquelicot. Bien rouge, tout fier au milieu des herbes folles. Et que personne, jamais, ne tentera de cueillir. Ce sera ma fleur à moi. Je l'arroserai. Je lui donnerai du soleil. Je la protègerai des parasites, des tempêtes et du froid.

Une petite fleur sauvage et fière, rien qu'à moi. J'ai jamais rien gardé dans mon jardin secret. Les fleurs qui y poussent je les coupe et je les balance par brassées entières, pour que l'on s'extasie de leurs couleurs, de leurs effluves. Parfois, sans le faire exprès, je balance quelques cailloux au milieu des fleurs. Souvent, ce sont ceux-là même à qui je veux offrir mes fleurs qui se prennent mes petits cailloux dans la figure.

Ensuite je regarde ces tiges coupés, cette désolation... Et je me dis que les fleurs, parfois, il faut savoir les chérir sans les offrir. Sinon, on se retrouve tout vide, avec rien que des petits cailloux dans son jardin. Cette fleur-là, je la garderai pour moi seule.

Le coquelicot, dans le langage des fleurs, il parait que c'est la consolation. J'espère qu'il poussera bien droit, à la place de mon petit sac de cailloux.

Published by Caroline Langlois
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12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 08:11
Plus Belle la Vie à la Timone, Ep5

Je suis sortie. J’ai laissée Ginette, Jaddila la magnifique infirmière aux lèvres carmin et aux cheveux noirs, les potages, les perfs et ma place 26 fenêtre.

Finalement, il s’avère que j’ai des calculs. Des calculs de bile. Ma mère m’a dit « Tu vois tu t’es fait trop de bile ». Elle ne croit pas si bien dire. Il y a quelques années, j’avais écrit un article pour Psychologies Magazine sur le Chi Nei Tsang. C’est une pratique de médecine chinoise qui consiste à rééquilibrer les émotions en massant le ventre. Car pour les orientaux, le ventre est le cerveau des émotions. Je suis donc retourné dans mon ancien article (qui est toujours en ligne ici), pour savoir à quelle émotion négative correspondait le pancréas. BINGO. Le pancréas, c’est le souci, les ruminations. CQFD. On sait d’où ils viennent, mes calculs.

Mais les Chinois ne sont pas les seuls à lire les émotions dans nos entrailles. Ce bon vieux Hippocrate, père de la médecine antique, avait développé sa « théorie des humeurs ». Cette théorie distinguait quatre tempérament fondamentaux : le sanguin, le flegmatique, l’atrabilaire et le bilieux. Je vous le donne dans le mille, le bilieux, c’est celui qui est enclin à se faire du souci. Mais c’est aussi celui qui a tendance à céder à la colère, voire à la violence. Ok, n’en jetez plus, j’ai appris ma leçon.

Pour me débarrasser de mes calculs, il va donc falloir que je me fasse retirer la vésicule biliaire (un jeu d’enfant, m’a assuré le médecin de l’hôpital. Un petit coup de laser et on n’en parle plus. Finger in the nose), mais il va surtout falloir que j’arrête de ruminer, de me faire du souci, d’être en colère et de céder à la violence. Vachement moins facile. Mais promis, je vais essayer.

Ah oui, j’oubliais. J’ai bien surveillé le placard à fournitures médicales du service, pendant trois jours, et je n’ai surpris aucune partie de jambes en l’air. Grey’s Anatomy c’est vraiment bidon.

En revanche, si la Timone est un hôpital totalement délabré et en manque d’à peu près tout (c’est terrifiant), le personnel est fantastique, au petit soin, doux et humain. J’y ai croisé des belles personnes, qui travaillent dans des conditions abominables, mais qui prêtent malgré tout une attention particulière à chacun des patients. Merci.

Published by Caroline Langlois
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11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 09:23
Plus belle la vie à la Timone, Ep4

J’ai une nouvelle copine. Elle est super chouette, elle s’appelle Ginette. Elle est née en février 1930. Ce qui lui fait donc 86 ans. Ginette, c’est ma nouvelle Madame 26 porte. Elle est un peu moins discrète que la précédente (elle, elle ronfle et elle pète en dormant), mais elle est sacrément rigolote.

Avec Ginette, on se prend des barres. Surtout quand l’infirmier de la nuit, ce crétin de Marc, lui fait un sketch à 4h du matin parce qu’il n’est pas satisfait de la prescription des médecins. Moi je faisais semblant de dormir, et je l’entendais lui, qui pestait, et elle, qui rigolait sous cape, dès qu’il avait le dos tourné. Elle se foutait de sa gueule, quoi.

Ginette est veuve depuis 30 ans, et elle me dit qu’elle ne comprend pas les petits vieux qui se plaignent de la solitude et de l’ennui. Après la mort de son mari, elle a quitté Marseille pour s’installer dans sa « maisonnette » dans la Drôme. L’hiver, dans son hameau ils sont six en tout, et avec sa copine Simone, qui vit dans la maison au bout de son champ, elles n’ont pas le temps de s’emmerder.

« Moi, tant que j’ai des bouquins et mes mots croisés, je ne vois pas le temps passer », raconte-t-elle, avec son accent de vraie Corse. « Et puis il y a les oiseaux. On apprend un tas de trucs en regardant les oiseaux ».

Ginette n’a pas eu d’enfant, peuchère, elle ne pouvait pas. Et puis son mari est parti avant d’avoir le temps de prendre sa retraite. Mais elle a plein de petits-neveux, d’arrière-petits-neveux et même d’arrière-arrière petits neveux ! Et elle est leur marraine, à tous ! L’un d’entre eux est venu hier lui apporter ses petites affaires de toilette. Il était au petit soin, j’étais contente de voir qu’elle était bien entourée.

Ce matin, elle s’est levée avec une vilaine douleur dans l’épaule. Elle ne peut pas du tout bouger, elle a cassé son col du fémur et est complètement alitée. Alors je lui ai montré comment faire une torsion comme au yoga, pour soulager le muscle de son épaule endolorie. Et ça a marché ! J’étais drôlement contente d’avoir pu lui être utile.

J’espère que Ginette remarchera un jour, pour reprendre ses voyages. Chaque année, elle prend le car avec Simone pour voir du pays. L’année dernière, elles sont allées dans le pays basque espagnol. Elle a beaucoup aimé San Sebastian. L’année d’avant, elle était allée en Bretagne et de là, elle a visité le Mont Saint Michel. Quand elle m’a dit que le Mont Saint Michel était breton, j’ai bondi de mon lit, et en bonne normande, j’ai corrigé l’erreur. Elle m’a promis qu’elle ne se tromperait plus. Maintenant, elle aimerait aller en baie de Somme. Moi franchement, j’aimerais bien l’emmener voir les phoques et le Tréport. Avec Ginette et Marcel, sur la plage, on serait les rois !

Mais hier, le médecin est venue lui annoncer qu’elle avait un nodule dans le sein et un kyste sur le foie. Ginette a dit « hé bien qu’ils y restent ! A mon âge, on ne m’enlève plus rien. Ils partiront avec moi, et le bon dieu m’accueillera comme je suis ». Et puis elle a rigolé. Putain Ginette, t’as trop raison. Ginette, elle m’a appris un truc que je savais en théorie, que j’avais lu dans Psychologies Magazine, mais qui me semblait quand même pas facile à mettre en oeuvre au quotidien. Ginette, elle accepte ce qui lui arrive. Le bébé qui n’est jamais venu, le mari parti trop vite, la solitude dans les montagnes, et aujourd’hui les saloperies cancéreuses qui veulent lui faire la peau.

Ginette, son arme c’est son rire. C’était déjà la mienne un peu, je crois. Voir Ginette, ça m’encourage à l’adopter totalement, ce bon vieux rire. C’est le meilleur des traitements.

Published by Caroline Langlois - dans Plus Belle la Vie à la Timone
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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 13:25
Plus belle la vie à la Timone, Ep3

Ce midi, enfin, j’ai eu le droit à un premier repas. Nettement moins gargantuesque que le dernier repas. Cela s’appelle : le potage. Servi dans un récipient en plastique d’une couleur que nous qualifierons sobrement de « saumon », le potage est un liquide ni vraiment épais comme une bonne soupe, ni vraiment liquide comme un bouillon. Sa couleur, d’un indéfinissable marron clair ne révèle rien des légumes qui ont pu être sacrifié pour sa conception.

On me précise qu’il n’est pas salé, je lâche donc deux petits sachets de sel, que j’agrémente d’un sachet de poivre, juste par mesure de précaution. Après avoir soigneusement touillé le liquide sans odeur, je me lance, et plonge ma cuillère en plastique dans la mixture dûment assaisonnée (l’assaisonnement, c’est essentiel, ai-je appris dans Top Chef).

En bouche, le « potage » ne me révèlera qu’une seule saveur reconnaissable : celle de la fane. De carotte, ou de navet, je ne saurai dire. Voilà, ça a le goût d’une queue de carotte. Et malgré le sel et le poivre, c’est infect. J’ai beau me motiver (après tout, c’est la première chose comestible que je vois depuis 3 jours), rien n’y fait. C’est juste pas mangeable. J’abandonne le « potage » de la Timone pour me rabattre, piteuse, sur mon yaourt et ma compote.

Ils sont malins ces docteurs quand même. C’est une sacrée bonne idée ce « potage » pour te prolonger ton jeûne sans en avoir l’air. Aujourd’hui encore, l’hôpital public de la Timone m’a révélé un de ses secrets. Je suis coite. (et j’ai faim).

Edit : En revenant de mon scanner, j'ai fait un détour par le Relais H et après m'être assuré qu'aucun personnel soignant de mon service trainait dans les couloirs, j'ai acheté un petit paquet de biscuits "petit dej aux pépites de chocolat", que je grignote en loucedé. Merci de ne pas me dénoncer.

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10 mai 2016 2 10 /05 /mai /2016 05:22
Plus Belle la Vie à la Timone, Ep2

« La 26 fenêtre, elle mange pas ! ». La 26 fenêtre, c’est moi. 26 parce que j’occupe la chambre n°826, au 8e étage. Et fenêtre, parce que mon lit est près de la fenêtre. Ma coloc, 26 porte, est partie vers 13h.

Dans le couloir, j’entends le va et vient des aides soignants qui distribuent les plateaux repas. « t’as donné son médicament à Monsieur 27 porte ? ». On est des numéros, certes, mais ils disent monsieur quand même. C’est ça le respect. Ce soir, j’aurais une nouvelle Madame 26 porte pour coloc. J’espère qu’elle sera aussi discrète que la précédente.

Donc, je ne mange pas. Pas que j’en n’ai pas envie, ah non, non, non. Je n’ai pas le droit. C’est mon traitement ici, la diète. Le jeûne total. Quand je bossais pour Psychologies Magazine, une semaine de jeûne, j’imaginais plutôt la faire en marchant dans la montagne, avec un guide qui nous apprend la méditation et tout ça. Pas dans une chambre d’hôpital avec le bras raccordé à une perf qui délivre au compte goutte tous les nutriments nécessaires pour ne pas se jeter sur le premier burger qui passe (cela dit, j’ai été bien attentive, et j’en ai pas vu passer un seul, de burger. Des cafards, en revanche, si. Le brancardier ne m’avait pas menti hier. Mais j’ai pas encore faim à ce point-là).

Depuis 36 heures que je suis là, j’ai juste eu ça comme traitement. Le jeûne. Pour le reste… L’aide soignante du soir (à qui j’ai quand même réussi à soutirer un p’tit calmant pour cette nuit, c’est une bonne âme) m’a expliqué qu’ici, à la Timone « personne ne sait jamais quand auront lieu les examens. C’est pénible pour tout le monde, mais c’est comme ça », m’a t-elle dit, toujours aussi désolée et blasée qu’hier soir.

Demain, Inch Allah, j’aurais donc une écho. Et peut être même un scanner (mais faut pas trop rêver quand même, si j’ai bien compris). Ce serait cool parce que moi, je ne sais toujours pas trop pourquoi je suis là, et je ne cracherai pas sur une ou deux explications.

En attendant, je mate des épisodes de Grey’s Anatomy. Et j’essaye de deviner si, comme dans Grey’s, il y a ici un placard avec du matos médical dans lequel le personnel se retrouve pour baiser entre deux opération de 12h à cœur ouvert. Et vu comme l’aide-soignant de l’après midi est yummy, j’espère que c’est le cas. Demain, promis, j’irai voir et je vous dis.

Published by Caroline Langlois - dans Plus Belle la Vie à la Timone
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 08:24
Plus belle la vie à la Timone, Ep1

Mon séjour marseillais n’avait pas trop mal commencé. Certes, il ne faisait pas beau, et j’avais cette douleur lancinante dans le bide mais bon, j’étais à Marseille, j’allais emmener mon p’tit loup voir la mer, et puis dimanche soir j’irai boire des coups avec ma copine Chloé.

Enfin boire des coups… avec le mal d’estomac qui ne me lâchait pas depuis trois jours, j’avais déjà décidé d’y aller mollo sur le mojito. Et là, ellipse brutale, légère accélération de l’image, me voilà aux Urgences de l’hôpital de la Timone, à Marseille. Me demandez pas comment j’ai atterri là, j’ai rien compris.

Donc, les urgences de ce fleuron de l’hôpital public Marseillais. Netflix, ils se sont planté. C’est là qu’il fallait venir tourner leur série évènement. Tu foutais Gégé Depardieu sur un brancard, la quéquette à l’air en plein Délirium Tremens (DT, elles disent les infirmières), Magimel camé dans un coin qui beugle pour qu’on lui détache les mains, et tu l’avais ton chef-d’œuvre !

Bon les pistolets à pipi et les poches à caca, c’est sur que c’est moins sexy que la grosse berline de Benoit en virée sur le vieux port. Mais au moins ici, les dialogues n’ont pas été écrit pas les scénaristes de Plus Belle la Vie. « J’ai envie de pisseeeeeeer !!!!! Quelqu’un va venir me détacher bordel de merde ça fait des heures que je suis là il est où le médecin je vais lui peter la gueule infirmièèèèèèère je vais me pisser dessus y a quelqu’un ??? » Tout ça avé l’accent, s’il vous plait.

Après près de six heures d’attente, me voilà donc dans le service du bon docteur Bernard (il est où celui-là ?), au huitième étage, chambre 26. Ma nouvelle coloc a l’air bien sympa. Elle est toute contente Micheline, on lui a dit qu’elle sortait demain matin, alors elle va dormir sur ses deux oreilles.

Moi, en revanche, c’est moins sûr. Déjà j’ai pas de couverture : « On n’en a plus. Bienvenue à la Timone », me lâche, mi-ennuyée mi-blasée, l’infirmière de nuit. Ah oui, et les brancardiers m’ont prévenue, ici, il y a des cafards. Et des rats aussi il paraît. Enfin, un peu moins que dans l’autre service au bout du couloir. Ouf, je suis rassurée. Voilà, c’est parti pour une semaine de Plus Belle la Vie à la Timone. Avé l’accent.

Published by Caroline Langlois - dans Plus Belle la Vie à la Timone
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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 19:56
Une mère syrienne et ses enfants se réchauffant après leur traversée. Molivos, Grèce. Photo Igor Prickett

Une mère syrienne et ses enfants se réchauffant après leur traversée. Molivos, Grèce. Photo Igor Prickett

C'est affreux, mais c'est seulement quand le drame humain s'installe au pied de chez toi que tu le regardes vraiment dans les yeux. C'est comme ça. La crise syrienne, on en parle depuis des mois. Mais c'est seulement depuis quelques semaines que le sort de ces gens m'a sauté à la gueule.

D'abord, il y a eu cette photo. Celle d'un enfant, un petit enfant. Un petit garçon aux cheveux bruns, comme le mien. Un petit garçon aux cheveux bruns, gisant les bras le long du corps, face contre terre, son petit corps léché par les vagues de la Méditerranée.

Quand l'image s'est matérialisée sous mes yeux, sur ma page Facebook, au milieu de ce fil ininterrompu d'infos en tout genre (tiens, Kate Middleton serait encore enceinte... Quoi, Marine Le Pen passerait au second tour en 2017 devant François Hollande?!), quand elle est apparue, cette image, mon coeur s'est gelé. C'était lui, c'était mon Marcel, qui gisait là dans les vagues, sur cette plage turque.

Puis il y a eu ces photos de mon village de vacances, Molivos, et ces routes si familières à mes yeux, soudainement envahies par des centaines de milliers de personnes. Ce village où j'ai vécu les heures les plus heureuses de mon adolescence. Cette route que j'empruntée, en stop à l'arrière d'une camionnette chargée de pastèques, pour me rendre jusqu'à la plage la plus proche, Eftalou.

Eftalou, sa plage de galets, sa source d'eau chaude, sa taverne au bord de l'eau et aujourd'hui, ces dizaines, ces centaines de gilets de sauvetage abandonnés sur le rivage. Ces montagnes de gilets oranges, comme autant de marques tangibles du passage de ces hommes, ces femmes et ces enfants qui affluent chaque jour en provenance de la Turquie, si proche, là, juste de l'autre côté du bras de mer.

Enfin il y a ces familles, ces enfants, ce bébé de quatre mois qui dorment là, quasiment sous mes fenêtres, à la sortie de mon square, celui du toboggan de Marcel, sous des tentes de fortune.

Impossible de détourner le regard. Ils sont là. Sur Facebook. Sur mon île en Grèce. Dans ma ville en France. Dans mon square !

Et là tu fais quoi? Bah déjà tu chiales. Parce que comme dirait ma copine Mai, cette putain de situation, c'est vraiment la chiale. (elle dit pas putain Mai. Elle est plus polie que moi).

Et ensuite? Ensuite, tu donnes de l'argent là pour les réfugiés à Molivos. Moi je me charge, avec d'autres copains du quartier, de faire partir des couvertures de survie, des tentes et des produits d'hygiène là où ils en ont besoin, là bas, sur mon île.

Pour finir, tu sors de chez toi, tu vas à leur rencontre en bas de chez toi (si si regarde ouvre les yeux, ils sont là. Ils dorment devant ta mairie, dans le collège de ton fils, devant la station où tu prends de l'essence le matin, allez ne détourne pas la tête), et tu vas leur demander de quoi ils ont besoin. Déjà, juste le fait d'aller leur demander si ils ont besoin de quelque chose, c'est bien. Ils savent qu'ils ne sont pas tout seul.

Mais tu peux faire mieux. Tu peux leur offrir un thé, un café, un repas chaud, voir même (soyons fou!) de prendre une douche dans ta salle de bain. Parce qu'un bébé, ça a besoin de se laver. Je le sais, moi j'en ai un de bébé. Toi aussi peut être. Ou alors t'en auras un, un jour. Alors dis toi que ce bébé là, qui dort en bas de chez toi, t'es un peu son papa, t'es un peu sa maman. Et comme tous les bébés avec ses parents, il compte sur toi.

Réfugiés Syriens, de Saint Ouen à Molivos
Published by Caroline Langlois - dans Billet d'humeur
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22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 09:46
Antoine D'Agata

Antoine D'Agata

Depuis quelques mois, j'écris pour la rubrique Sexo de l'Express Styles. Bien qu'ayant rédigé pas mal d'articles "psycho", notamment pour Psychologies Magazine, je ne m'étais jamais attaquée à des sujets sur le sexe. Lorsque Elodie Bousquet m'a proposée d'écrire pour cette rubrique, j'ai accepté sans hésiter, et lui ai lancé dans la foulée le thème de mon premier sujet : la sodomie. Autant prendre le taureau par les cornes !

Depuis, j'ai écrit des papiers sur le cunnilingus, le Point P ou encore la taille du sexe masculin. On pourrait croire qu'il n'est pas sérieux d'écrire sur ces sujets. Sur Facebook, où je pêche l'essentiel de mes témoignages, on m'a même accusée de faire du "sous-journalisme", de chercher à "faire du clic" et de contribuer à l'effondrement de la presse (rien que ça). Pourtant, j'ai le sentiment de n'avoir jamais écrit de papiers plus sérieux et plus utiles.

Avec Géraldine Dormoy, ma rédactrice en chef, (qui s'est elle aussi interrogée sur son blog sur la manière de conduire cette rubrique) nous prenons un soin tout particulier à l'élaboration de ces articles. Chaque mot est pesé, chaque idée est consciencieusement étudiée. Il ne s'agit pas de faire du sensationnalisme, mais de parler de sujets qui interrogent, qui questionnent, qui posent parfois problème et de donner des pistes de réflexion sans jamais imposer de point de vue, et sans culpabiliser, ni les hommes, ni les femmes. L'exercice est difficile.

Car aujourd'hui, le sexe est partout dans notre société. A la télé, sur internet, sur les panneaux publicitaires, au cinéma... C'est une composante intégrante de notre vie, tant intime que sociale. Et pourtant, il y a tant de tabous, d'idées reçues, de clichés sur le sexe que s'en est effrayant. La pornographie est devenue la norme, et malgré des années de luttes féministes, le corps de la femme n'a jamais été aussi objectivé qu'à notre époque, le sexisme est partout, et le harcèlement sexuel à de beaux jours devant lui...

Parler de cul, c'est donc un bon moyen de parler de nous. De qui nous sommes en tant qu'individus, hommes et femmes. De nos relations, de nos rapports aux autres et surtout à nous-mêmes, à notre corps. Sans verser dans les théories freudiennes premier degré, le sexe, c'est comme même un peu la base pour décrypter l'âme humaine...

J'en profite pour partager ici l'excellent documentaire d'Ovidie, "A quoi rêvent les jeunes filles", qui sera diffusé sur France 2 mardi soir, mais qui est déjà dispo sur Youtube. Prenez le temps de le regarder, hommes et femmes. Vous verrez, parler de cul avec intelligence, cela n'a rien de graveleux...

Published by Caroline Langlois - dans Psycho
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