Depuis une semaine, je ne fume plus. Je vapote. "Vapoter", c'est le terme consacré pour dire "fumer une cigarette électronique". Et comme j'ai
eu pas mal de questions sur le sujet, et que ça a l'air d'en intriguer plus d'un, je me suis dit que j'allais vous raconter.
J'ai commencé à fumer à l'âge de 13 ou 14 ans, pour emmerder mes parents qui me fumaient dans la tronche depuis ma
plus tendre enfance (à l'époque, dans les lointaines années 80, on ne prenait pas la peine d'aller fumer à la fenêtre en présence d'un enfant de 5 ans...) (papa et maman, je vous aime quand même,
ne culpabilisez pas). Et depuis, je n'ai plus jamais arrêté de cloper.
Il faut dire que, rien qu'à l'idée d' "arrêter", je flippais comme une malade. Je ne m'en sentais pas capable, et
puis franchement, je n'en avais pas vraiment envie non plus. La clope, quoi qu'en disent les non-fumeurs et les médecins, c'est quand même un putain de plaisir.
Bon, et puis les paquets ont commencé à augmenter. Et à augmenter un peu plus. Et encore. Je me souviens de m'être
dit un jour "quand le paquet sera à 25 francs, j'arrêterai". Et puis, plus tard, "quand le paquet sera à 5 euros, j'arrêterai". Voilà, mon bon vieux paquet de Virginia Slim (mes petites
cigarettes de pétasse préférées) est aujourd'hui à 6 euros 30...
Un jour, il y a peu de temps, j'ai regardé autour de moi : mon mec ne fume pas. Mes copines, pour l'essentiel, sont
non-fumeuses. Ma soeur a arrêté... Je me suis sentie comme le dernier dinausore, avec ma clope au bec et mon haleine de hyène au petit dèj. Mais là encore, même si je pressentais qu'il était
temps pour moi d'écraser ma dernière blonde, le déclic ne venait pas.
Un pote à moi (que je remercie au passage), m'a parlé de la cigarette électronique et de comment il avait arrêté de
fumer grâce à ça. "Mouais. Un truc moche, qui pèse une tonne, et qui gratte le fond de la gorge quand on tire dessus, t'es gentil Alex, mais je crois que vais garder ma slim..."
L'idée a quand même fait son chemin, et j'ai donc proposé au magazine de Santé pour lequel je bosse d'écrire un
article sur le sujet. L'occasion de tester la fameuse e-cigarette, l'air de rien. Je me suis donc rendue chez Clopinette, le leader français du marché,
pour me fournir : deux cigarettes électroniques, un chargeur secteur/USB et du liquide à recharger goût "American Mix" et "Malboro light".

Premier jour : globalement beurk. C'est un peu sucré comme une
chicha, et ça fait tousser si on tire trop fort. J'ai tenu bon toute la journée, mais le soir, après le repas, j'ai dû sonner chez ma voisine pour qu'elle me dépanne d'une bonne vieille clope
roulée.
Deuxième au quatrième jours : toujours un peu beurk, mais je me suis
habituée au goût. Je ne fume plus qu'une ou deux cigarettes par jour, uniquement le soir.
Cinquième jour : après le repas, toujours ce sentiment étrange que,
sans cigarette, je ne vais pas réussir à digérer. Mais je m'accroche, je vapote un bon coup et je termine mon tricot.
Septième jour : vendredi soir. Jour test. Resto + soirée dans un bar
avec des copains. La tentation de les accompagner dehors pour m'en griller une est forte. Mais je résiste, et puis je frime un peu : avec ma cigarette électronique, je peux fumer dans le bar
!
Voilà, ça fait maintenant dix jours que j'ai commencé la cigarette électronique, et une semaine que je ne fume plus
de vraies clopes. Je ne suis pas naïve, Noël est dans une semaine, et je sais que ça va être dur. Mais si j'arrive à passer le cap des fêtes, je sens que ce sera gagné !